La vie quotidienne d'un village médiéval aux confins de l'Auvergne et du Gévaudan

Un village médiéval déserté...   

     

Une Ferme de Montchauvet

 

 

Connu au moins depuis le début du XXème siècle, le village médiéval déserté de Montchauvet a été redécouvert en 1965. De nombreux sondages réalisés entre 1965 et 1994 ont permis la mise à jour d'objets et de structures d'habitat, de fortification et de prestige seigneurial. Il est classé à la liste d'inventaire supplémentaire des monuments historiques depuis 1989.

Le site de Montchauvet est le témoin privilégié du patrimoine archéologique du Pays de Saugues.

 

              

 

Description


 Au pied du Mont Chauvet (1 486 mètres), le village est construit en terrasse à flanc de montagne. Il est le plus important de la quinzaine d'habitats abandonnés sur les pentes Est de la Margeride. Ce village est particulièrement intéressant pour la maison paysanne, le bourg fortifié et les secteurs castraux notamment celui du 10e siècle.

 

Ce site s'incorpore dans la thématique générale européenne de "Village médiéval déserté" connue dans l'Europe de l'ouest depuis les années 1950-1960. Les circonstances communes des abandons - la peste, les troubles guerriers, le changement climatique et les incidences sur les récoltes - ont d'abord été les facteurs privilégiés par les historiens. L'archéologie renouvelle la primauté des facteurs d'abandon avec la question des changements de gestions financières et foncières des terres agricoles à la fin du Moyen-Âge de la part des seigneurs et abbayes selon les lieux. 

Histoire du village

 Les prospecteurs des années 1960 et 1970 ont permis de connaître l'implantation de groupes près de la Veysseyre et les passages de chasseurs sur les flancs du Mont Chauvet et du Mont Mouchet. Bien qu'il y ait des traces de chasseurs au néolithique final sur le lieu d'implantation du village, le village de Montchauvet est médiéval - du Xème au XIV ème siècle-.

Encore des questions à élucider

Il reste pourtant plusieurs points d'ombre. Premièrement, le site de Montchauvet a-t-il été un lieu d'habitat pour les hommes du néolithique ? Deuxièmement, il reste à déterminer les étapes de constructions, d'occupation et d'abandon du village de Montchauvet.

Après un XIII ème siècle d'expansion lors du quel la population a augmenté, la terre cultivée a gagné sur la forêt, le XIVème siècle est le siècle des régressions : épidémie de la peste noire, guerre de Cent ans, bandes de mercenaires pillant les contrées, changement économique marqué par le retour du cens vers le faire valoir.         

BNF 

Les seigneurs de Montchauvet deServières 

Généalogie de la famille de Montchauvet

 La famille de Montchauvet tient ses possessions en fief franc du seigneur de Mercoeur possessioné en Auvergne et en Gévaudan. Guillaume II de Montchauvet, époux de Delphine de Giberges, est bailli de Saugues pour le seigneur de Mercoeur en 1336-1337. Le même Guillaume II a été jugé pour homicide à la Cour Commune du Gévaudan et en appel au Parlement de Paris. Il a été emprisonné puis libéré suite aux lettres de rémission de l'Evêque de Mende et du Roi de France. Son frère, Raymond de Montchauvet est parti en croisade emenée par Saint Louis. Il impossible pour l'instant de savoir si il s'agit de la première ou de la deuxième croisade de Saint Louis. leur père Guillaume I de Montchauvet a levé la taille à quatre sur ses gens afin de payer la prison et le départ en croisade de ses fils.

Les textes témoignent de leurs possessions de Viallevielle, Montchauvet, Mourennes, en partie de Servières, en partie de Pontajou, Giberges, le Mont et dans la place forte de Saugues. La famile de Montchauvet sans héritier mâle se fond dans les familles de Chastel et de La Fagette. Le village devient une possession de la famille de Chastel par mariage de Cécile de Montchauvet et la mort de Guillaume II de Montchauvet en 1345 et de Delphine de Giberges en 1348. Le village abandonné fin 14e début 15e siècle est remplacé par une ferme - métairie du château de Servières au moins à partir de la fin du 16e siècle. Ce domaine reste dans la possession des familles qui se succèdent au château de Servière jusqu'au 19e siècle.

 Les villageois

 

 Les villageois sont majoritairement des paysans qui ont quelques moutons, chèvres et des poules (Gélines). Peut-être y a-t-il un ou deux bergers pour tout le village, libérant ainsi les bras pour le travail des champs ? Ils cultivent les champs en terrasses autour du village ainsi que les terres descendant vers le ruisseau, le Pontajou. Le cochon est aussi élevé pour sa viande. Les animaux domestiques du Moyen-âge sont plus rustiques et plus petits que ceux que l'on connaît aujourd'hui. Les dents de bovidés retrouvées sur le site témoignent de quelques vaches et boeufs élevés sans doute pour tirer l'araire. Quelque soit leur aisance, quasiment tous pratiquent l'artisanat de la laine déterminé par la présence de fusaïoles lors des sondages.

Les paysans se nourissent de céréales consommés en bouillie ainsi que les herbes et légumes de leur jardins.

Artisans

 Des scories de fer témoignent d'une forge. Parmi les nombreux tessons de céramique découverts lors des sondages, il apparaît une particularité propre au village, le déversoire latéral. Cette singularité en comparaison des autres villages médiévaux désertés de l'actuelle Auvergne et de la Lozère  permet d'avancer un atelier de potier à demeure.

 

 

 

 

Le village médiéval déserté de Montchauvet